vendredi 21 février 2014

Grégoire Faupin "Saignées purgatoires"



Artiste franco-belge, Grégoire Faupin (1976) est installé en Belgique depuis 2005. Après des études supérieures universitaires en France (sciences du langage, philosophie …), il obtient un Master d'Arts visuels et de l'espace, à l'Académie des Beaux-arts de Liège en 2010.

Grégoire Faupin a depuis notamment exposé au MAMAC (Liège), au Centre wallon d’art contemporain (CWAC)…
Son œuvre iconoclaste et singulière aborde sans tabou les évolutions sociales, économiques et politiques des sociétés occidentales.


Lieux-Communs a déjà présenté à deux reprises son travail, à Art Namur en 2011 ainsi qu’à l’exposition « Lux(e), calme et volupté » qui s’était tenue à la Citadelle de Namur au cours de l’été 2012. A cette occasion, il avait réalisé une toile de grande dimension « The white shark ».


Clin d’œil au travail de Damien Hirst, cette œuvre, produite pour l’exposition namuroise, évoquait sans doute tout autant les requins de la finance que ceux de l’art contemporain. Celle-ci avait été ensuite exposée fort à propos dans le cadre du Musée d’Ansembourg à Liège, une demeure particulière construite en 1740 pour un banquier.




A nouveau, il a réalisé uneœuvre spécifique pour cette nouvelle exposition à Namur. Dans « Saignées purgatoires », il évoque un univers 2017 cauchemardesque, orwellien ou prophétique ?

Extrait d'un journal personnel anonyme :« Février 2017, Namur.Les mesures d'austérité se sont accrues de concert avec l'arrivée nouvelle des froids polaires ces dernières années. Chaque hiver, un climat sibérien s'installe. Plus que jamais, il ne fait pas bon être précaire. Le bois de chauffage est subitement devenu une denrée précieuse. Du coup, le bois tout court est convoité. Même les bancs publics ont été volés pour être brûlés. Autrefois, l'aile gauche de la gare était une "vitrine artistique". Du temps où il restait quelques subsides pour la culture. Jusqu'au jour où un politique la fit reconvertir en salle d'exposition des corps des citoyens supprimés car jugés trop pesants pour la bonne marche de la société. En langage administratif, ils les déclaraient "charge déraisonnable pour le système". Ils étaient ensuite expulsés ou exécutés, le choix se faisait par vote du public dans une émission de télé-réalité. De toute façon, les artistes ne se pressaient plus pour exposer avant la reconversion. C'était plutôt mal vu d'être artiste. Ca faisait longtemps qu'on le cachait comme on cache une maladie honteuse. »


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