lundi 13 septembre 2010

Fashion Design - Michaël Guerra


Diplômé de La Cambre, Michaël Guerra est né à Namur et vit à Andenne.
Il travaille des matériaux raffinés comme la soie, le cuir, la fourrure avec une grande minutie pour les détails. Il s'intéresse au savoir-faire et aux méthodes artisanales. La broderie et le perlage, deux spécialités devenues rarissimes, jouent un rôle-clé dans sa démarche artistique
Il vient d’exposer dans le cadre d’Europalia Chine au Grand Curtius à Liège. Ses participations à Modo Bruxellae ont également été remarquées et il y a obtenu le prix du public .
A Namur, Michaël Guerra présente , dans « Fashion Design », ses silhouettes  Saint-Hubert, Anja, Heidi, Eva et le fils de Diane composées de soie, fourrure, vieille dentelle, fourrures, cuir, perles, peau de reptile …

"Styliste de formation, le créateur belge Michaël Guerra (diplômé de la Cambre Mode en 1995) envisage la fonction d'habillement avec le regard distancié d'un plasticien. Chacune de ses réalisations vestimentaires contribue à un univers personnel riche d'histoires, de mythes et de légendes que révèlent aussi ses photomontages. Dans ce monde parallèle, peuplé d'êtres hybrides, le cerf de Saint-Hubert arbore une robe de dentelle à la blancheur christique, tandis que l'infante immortalisée par Velasquez se pare d'une cravate; L'ici et l'ailleurs cohabitent en permanence ; l'énigme se nourrit de réminiscences familières.

A contre- courant de l'urgence qui régit le milieu de la mode, Michaël Guerra opère en solo pour vivre pleinement la gestation de chacune des pièces qu'il imagine. Ce choix le conduit à se détourner de la logique des collections saisonnières. S'illustrant dans la conception de vêtements haute couture où s'expriment une forte sensualité et un goût inouï pour le détail, il réunit patiemment les matériaux nobles qui l'inspirent :soie, cuir, fourrure (toujours de seconde main, par respect pour le vivant).

Sensible au raffinement et au savoir-faire, cet ancien de la Cambre souligne combien la logique du travail artisanal trouve difficilement sa place dans l'économie ultra-libérale. Les ouvrages délicats qui réclament du temps et de la main d'œuvre qualifiée disparaissent, à moins d'être effectués à l'autre bout du monde par des travailleurs sous payés. La création textile souffre directement de cette conjoncture. Dans une optique de résistance, l'artiste revendique la dimension artisane de la pratique et recherche à maintenir un dialogue continu en concept et exécution. Au sein de son atelier, il éprouve avec délectation la valeur presque méditative des ouvrages de patience : tandis que les mains apprivoisent la matière, l'esprit s'ouvre et vagabonde."

Alexia Creuzen
Docteure en histoire de l’art

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