vendredi 21 avril 2017

Festival des 5 saisons - Parc de Hauster à Chaudfontaine




Prenant place au cœur du parc de Hauster, le Festival des 5 saisons, créé en 2009 à l'initiative de la Commune de Chaudfontaine, est le seul événement permanent dédié à la création contemporaine paysagère et artistique en Belgique. A travers l'installation d’œuvres d'art et la conception de jardins thématiques, il sensibilise un large public à la nécessité de préserver et de valoriser notre environnement. Le Festival des 5 saisons fait aussi découvrir de manière inédite la création artistique actuelle et les préoccupations environnementales de plasticiens contemporains.

Elodie Antoine
Le 3 mai 2017, en amorce de la saison touristique, le Festival des 5 saisons prendra une nouvelle impulsion et six œuvres s’ajoutant aux sculptures existantes seront inaugurées, en présence des artistes, dans le parc de Hauster.
Depuis cette année, la direction artistique de l’événement a été confiée par la Commune de Chaudfontaine à Lieux‑Communs.
Dans le Parc de Hauster, les nouvelles œuvres seront créées, in situ, par Elodie Antoine, Nathalie Auzepy, Charlotte Burtin, Eva Clouard, Marion Fabien et Laurent Trezegnies.


Eva Clouard  L'école buissonnière



Intégré dans l'écosystème de la vallée de la Vesdre, le parc de Hauster est un lieu unique et remarquable. Il est devenu un maillon important et central de la réflexion sur le développement durable de la région. Avec ses arbres remarquables, ses petits ponts, ce microcosme magnifique suscite l’imaginaire et la créativité des artistes.

Dans un tel lieu, l'intégration d’œuvres d'art se fait dans le plus profond respect de la nature. Le parc ne sert pas de toile de fond aux œuvres, il dialogue avec elles et tend à former un tout cohérent. L’intention est de valoriser l'environnement naturel en nous amenant à le considérer d'un regard renouvelé, à nous questionner sur les liens que nous entretenons avec lui, à aiguiser notre regard et à nous rendre attentif aux plus infimes transformations et aux effets du passage des saisons, du temps. Ne nourrissant pas une approche catastrophiste, les œuvres, au contraire, veulent révéler le rôle et l’implication de tous au quotidien pour préserver les équilibres environnementaux.


Laurent Trezegnies Mayday

Les nouvelles œuvres souhaitent établir un dialogue artistique et poétique avec les visiteurs tout en questionnant les enjeux environnementaux de notre siècle.
L’ambition dans le choix des œuvres est de fédérer les amateurs d’art contemporain, les promeneurs, les touristes, les amoureux de la faune et de la flore et le jeune public… Le souhait est de sortir l’art d’aujourd’hui du cadre habituel des expositions, parfois visitées par un cercle restreint et d’aller directement à la rencontre de tous les publics fréquentant le parc, y compris ceux qui sont plus éloignés de la création actuelle. Ces œuvres dans l’espace public ambitionnent donc de mettre véritablement l’art à la portée de tous.


Charlotte Burtin Cyclotomique


Les nouvelles œuvres nouent un lien spécifique avec leur lieu d’implantation selon une approche originale qui vise à renouveler le dialogue entre art et environnement et plus largement entre nature et culture. Le rapport à la nature est décliné selon différents modes : la cohabitation ou le décalage mais toujours une invitation à prendre conscience de la nécessité de sa sauvegarde.
Au pays de Magritte et du surréalisme, certaines œuvres misent sur une approche décalée et apportent une touche d’humour dans le quotidien.
Jouant sur l’intégration dans le paysage autant que sur l’effet de surprise, les paresseux et les champignons d’Élodie Antoine font émerger des questionnements sur notre lien aux animaux, leur présence discrète dans les parcs et autres espaces naturels aménagés.


Nathalie Auzepy Feuille de ville
La décontextualisation d’objets communs est à la base des œuvres de Laurent Trezegnies et Marion Fabien : une bouche d’incendie placée dans l’eau – dans son élément – nous amène à réfléchir sur la problématique de l’accès à l’eau tandis qu’un bouchon de pêcheur, hors de proportion, suscite rêverie et voyage dans l’imaginaire … Le positionnement artistique de Charlotte Burtin est quant à lui inséparable de l’intérêt qu'elle porte à la nature et à la science. Son oeuvre traduit l'émotion mêlant vulnérabilité et respect qu'elle ressent face à ce qui nous dépasse, face aux forces qui régissent notre monde. 


Marion Fabien Entre deux

L’imaginaire est aussi la destination de la marelle, impossible à parcourir jusqu’au bout, d’Eva Clouard. Celle-ci se transforme en un itinéraire à suivre des yeux jusqu’aux arbres et au ciel.
Poussant l’intégration au sein de l’environnement un cran plus loin, la Feuille de ville de Nathalie Auzepy se perçoit différemment selon les moments : elle se balance au gré du vent, se fait miroir du paysage, offre aux regards les ramifications du plan de la Commune de Chaudfontaine. A ses pieds, dans son ombre, un jardin collaboratif et évolutif, avec ses espèces végétales régionales, fait le lien avec un autre espace au sein du parc, « l’amphithéâtre d’expérimentations » où différentes parcelles sont aménagées en jardins thématiques.
 




mardi 13 septembre 2016

Exposition de Charley Case "Tanière" à l'église Saint-Loup (Namur)

Charley Case Tanière





Lieux-Communs en partenariat avec la Ville de Namur présente du 15 octobre au 13 novembre l’exposition monographique  Tanière  de Charley Case.
Né à Bruxelles en 1969, Charley Case est diplômé de La Cambre (1994). Se définissant comme citoyen du monde, Charley Case voyage régulièrement pour mener des projets artistiques nomades.
A travers différents médiums (dessin, peinture, vidéo, photo, installation…), Charley Case explore la relation entre l’humanité et la nature.
Il s'est d'abord fait connaître par son travail calligraphique très personnel où la silhouette humaine est un surgissement de la ligne. Le trait révèle le lien organique qui unit la nature et l'homme. L’artiste utilise les moyens qui sont à sa disposition pour partager ses découvertes issues de ses pérégrinations d'un bout à l'autre de la planète. Dans cette optique, les techniques importent moins que ce qui est raconté.


Il montre l'être humain confronté au cycle de la vie et notamment ses grandes étapes comme la naissance, la maternité, la mort. La singularité de chacun apparaît dans certaines de ses œuvres tandis que dans d'autres l'homme devient anonyme, partie d'un tout. Les oppositions s'envisagent sous forme de dualité plutôt que d'antagonisme dans un univers conçu comme un tout auquel chacun prend part. Cette approche duelle offre un espace pour décrire les relations, les tensions, les rencontres tout en montrant la cohérence des liens qui unissent l'homme, la nature et le monde. Souvent, un fil conducteur se dégage : le mouvement, les liens entre les gens ou la rencontre.


La figure de l'arbre, récurrente dans son travail artistique, symbolise la transmission aussi bien du savoir, sous la forme de l'arbre à paroles, que de la vie. Pour Charley Case «Le genre humain est comme l’arbre, nous aussi avons nos branches, nos saisons…(…) La nature humaine est nomade (le nomade est celui qui n’est pas fou, ‘no-mad’), l’homme est comme un arbre mais libéré de ses racines. Il a la capacité de recréer sa grotte là où il se pose. La mobilité le garde vivant. L’association de l’idée de grotte avec celle de mobilité n’est pas contradictoire, c’est une clé de survie. »
Il se prête régulièrement à des œuvres participatives comme ici Tanière, qui recrée un abri, un espace intime dans lequel les visiteurs entrent en interaction.
Son travail questionne également la starisation des artistes, la déshumanisation, le réchauffement climatique, les dérives du capitalisme, la mondialisation, le sort des sans-papiers et des migrants… Il tisse toujours des liens tout en ouvrant à des perspectives porteuses de sens et d’espoir.



L’exposition Tanière raconte les racines de l’humanité et transforme l’église baroque en forêt.
Une structure de métal, constituée de triangles, entoure une colonne de l’église Saint –Loup. Elle représente la souche d’un arbre et ses immenses racines. L’une d’entre elles plus longue que les autres s'élance vers le narthex de l'église. La colonne de marbre baroque devient un tronc d’arbre et les dix colonnes de la nef constituent une allée monumentale d’arbres. Symboliquement, toute l’église se transforme en forêt.
La structure métallique de la Tanière est recouverte de papier, celui-ci est en tension, telle une peau de tambour. Le papier recouvrant la structure est peint, calligraphié à l’encre de chine. Les sinuosités de l’encre évoquent les strates du bois et complètent les nervures du marbre des colonnes.
Elles troublent la géométrie des successions de triangles de la souche. Des racines arrondies ont pris la place des lignes droites. Ces calligraphies dévoilent des hordes d’hommes, d’abord semblables à des fourmis, prenant ensuite l’apparence de pèlerins ou de migrants, venus du fond des temps...lls semblent sortir des racines et s'élancent vers la nef, leurs formes en spirales relisent et réinterprètent les volutes baroques des plafonds de l’église, leur ascension rappelle les colonnes de bois des confessionnaux, elles aussi en progressions spiralées...
L’œuvre est éclairée de l'intérieur, comme une lampe magique. La tanière comporte une porte et, lorsque l’on y pénètre, l’œuvre devient grotte. Adultes ou enfants, chacun est invité a laisser sa trace sous la forme d’un animal choisi, imaginaire ou réel ...

Charley Case a participé à de multiples expositions dont Babel au Palais des Beaux-Arts de Lille, Astralis à l’Espace Vuitton à Paris, De Corpore dans le cadre de Mons 2015, aux éditions, 2014 et 2016, de la Biennale d’art contemporain Partcours-Parkunst (Bruxelles) dont l’asbl Lieux-Communs assure la direction artistique.
En ce moment, il expose à la Biennale de l’image possible (BIP) à Liège et au Musée d’art contemporain de Lyon (Wall drawings, icônes urbaines).
A Namur, Charley Case a déjà participé à Art Public et exposé à Saint-Loup avec Kendell Geers, Pascale Marthine Tayou… dans le cadre de l’exposition L’invitation au voyage organisée par Lieux-Communs.
 

Eglise Saint-Loup
Rue du Collège à Namur
15 octobre > 13 novembre
Mardi > vendredi (11h > 18h) et weekend (11h >16h)




Charley Case Tanière










samedi 5 mars 2016

Partcours-Parkunst



La Biennale Partcours-Parkunst propose, de manière originale à Bruxelles, une expérience de l'art contemporain grandeur Nature. Cette exposition, destinée à faire découvrir l’art d’aujourd’hui à tous les publics, invite à une balade artistique le long de la promenade verte, dans les parcs de Woluwe et du Château Malou. Le lien complexe des civilisations à la nature ainsi que les préoccupations environnementales dans la création actuelle servent de fil conducteur à la Biennale. Les œuvres/interventions reposent sur le désir d'établir un dialogue artistique, poétique ou sensible avec la nature « ordonnée » des parcs contemporains tout en questionnant les enjeux sociétaux de notre siècle. En mettant en lien culture et univers paysagers, la manifestation fait l’éloge de la fragilité, du transitoire, de l'éphémère et des équilibres précaires à préserver dans la relation de l’homme à son environnement. La plupart des œuvres présentées sont des créations in situ réalisées par 28 plasticiens originaires de sept pays européens.
Pascale Marthine Tayou Home Sweet Home




Elodie Antoine (B), Tanya Atanasova (BG) / Thomas Van Walle (B), Nathalie Auzepy (F), Clemens Behr (D), Annie Brasseur (B), Charley Case (B), Eva Clouard (F), Sara Conti (I), Marion Fabien (F), Marine Hardeman (F), Wouter Huis (NL), Mireille Liénard (B), Sylvie Macias Diaz (B), François Marcadon (F), Esteban Moulin (B), Tinka Pittoors (B), Marion Ponsard (F) / Clara Vullliez (F), Julie Savoye (F), Ronja Schlickmann (D), Pascale Marthine Tayou (Cam), Laurent Trezegnies (B), Patrick Van Roy (B), Thierry Verbeeck (B), Katleen Vinck (B), Cathy Weyders (B), Elodie Wysocki (F) 

Tanya Atanasova / Thomas Van Walle - Golden (f)oil


Eva Clouard - Jeux interdits n° 2
Laurent Trezegnies - Undulation
Nathalie Auzepy - Feuille de ville
Elodie Antoine- Paresseux
Thierry Verbeeck - More choices ?
                                
François Marcadon - Le perchoir
Marine Hardeman - Infini



Julie Savoye - Espace condamné

Marion Fabien - Entre d'eux




















jeudi 3 décembre 2015

Exposition Espèces d'espaces -Abattoirs de Bomel (Namur)

 
Exposition du 12 décembre 2015 au 16 janvier 2016
Abattoirs de Bomel
Rue Piret-Pauchet
5000 Namur
Mercredi 12h-21h30, Jeudi et vendredi 16h-21h30, Samedi 12h-18h
 
L’exposition Espèces d’espaces se réfère au livre de Georges Perec. Si celui-ci n’a pas écrit un mode d’emploi de l’art,  l’écrivain français est une source féconde d’inspiration pour de nombreux artistes actuels.
Sur ses traces, l’exposition questionne les notions d’espace, de quartier, d’habitat, de ville. Elle envisage la notion d’appartenance, le « chez-soi », l’évanescence de l’enfance, le rapport aux origines...
Evoquant dans L’art du quotidien les liens entre Perec et l’art contemporain, Mathieu Remy écrit : « Nicolas Bourriaud voit en l’artiste moderne celui qui ne se contente plus de produire des œuvres, mais aussi des rapports au monde. L’artiste, réfléchissant à une nouvelle inscription de l’homme dans l’espace social à l’heure de la rationalisation du travail, mêlerait politique et esthétique, jeu et description du monde, et serait aussi l’inventeur d’un détournement de la vie quotidienne, et par prolongement, le précurseur d’une science des « situations » susceptibles de déchirer la gangue des conditionnements ».
Jacques Charlier The most wanted man - SPACE Collection
 
Après la présentation de l’ensemble de la collection de la SPACE au Grand Curtius à Liège, l’asbl Lieux-Communs en propose une sélection dans Espèces d’espaces. L’exposition montre la richesse, la singularité et la qualité des choix opérés par le passé à travers les œuvres de Nina Berman, Jacques Charlier, Alain Declercq, Paul Devens, Michel François, Lara Gasparotto, Jacques Lizène, Emilio López-Menchero, Sylvie Macías-Díaz et Marc Wendelski. Les deux premières acquisitions namuroises, des œuvres des artistes Romina Remmo et Benoit Félix, sont également dévoilées.

Romina Remmo SPACE Collection
Benoît Félix Borderline - SPACE Collection
Pour les artistes, faire partie de la SPACE Collection est devenu, loin des enjeux liés à la marchandisation croissante de l’art contemporain, un signe de reconnaissance de leur travail.
Espèces d’espaces questionne le principe même de la collection. Comment archiver la création actuelle ? Que permet la mise en parallèle, en confrontation et en perspective d’œuvres ? Ceci a aussi tout son sens dans un contexte où l’existence même d’un musée d’art contemporain fait tellement débat chez nous, que ce soit par exemple à Liège ou à Bruxelles.
L’art contemporain se moque par essence des frontières et des cloisonnements, mais il questionne souvent les notions d’identité car toute œuvre se nourrit d’un contexte sociétal spécifique. Dans son œuvre à portée universelle, Perec soulève particulièrement cette importance de l’enracinement, du quotidien…
Stéphanie Roland Timeless cages
La SPACE Collection s’étendant à Namur,  l’occasion est belle de présenter la diversité et la richesse des plasticiens de la région. Certains de ceux-ci la rejoindront peut-être au fil de ses achats. Espèces d’espaces dresse un large panorama de la création actuelle namuroise,  notamment émergente : Bilal Bahir, Alexandre Christiaens, Fred Collin, Mathilde Denison, Michaël Guerra, Elodie Guillaume, Alice Janne, Florian Kiniques, Samuel Laloux, Sam Langelez, Dorothée Maziers, Pauline Tonglet, Dorothée Van Biesen… Beaucoup de ces artistes ont choisi de produire une œuvre spécifique pour l’événement en questionnant la relation à l’espace et à la ville.
Dorothée Van Biesen Helmets
L’art contemporain contribue à bousculer les habitudes, à remettre en cause les certitudes nécrosées et les préjugés, à ouvrir à la créativité et à la diversité…

Mehdi-Georges Lahlou Sans titre-Paradise
Des regards extérieurs sont donc indispensables pour créer une dynamique d’échanges. Des plasticiens venus d’ailleurs envisageront divers points de vue dont la mixité culturelle, le site des Abattoirs transformé récemment en Centre culturel, ou tout simplement Namur : Eva Clouard (FR), Sara Conti, Tamara Erde (IL), Marion Fabien (FR), Audrey Frugier (FR), Mehdi-Georges Lahlou (M0-FR), Julien Morel (FR), Stéphanie Roland et Nathalie Vanheule.

Nathalie Vanheule Burning eyes

Sam Langelez La dissection des bonnes manières
Dorothée Maziers Autoportrait 2
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mercredi 11 novembre 2015

Marion Fabien "En pièces"

Dans le cadre de la Biennale Watch This Space # 8 organisée par le réseau d’art contemporain 50° Nord, Lieux-Communs présente l’exposition « En pièces » de Marion FABIEN. La Biennale WTS# 8 se déploie sur le territoire français et belge, du FRAC de Dunkerque aux rues de Namur, autour de seize expositions en lien avec la thématique « Résistance ! ». Cette 8ème édition se déroule de novembre 2015 à janvier 2016.
Diplômée en sculpture de La Cambre, Marion Fabien (1984) a fait de l’espace urbain son champ privilégié d’inspiration artistique. Par ses interventions, elle contribue à modifier le regard et la perception des habitants concernant leur environnement. Utilisant des moyens souvent très simples, elle souhaite faire voler en éclat cette « pauvreté visuelle qui pousse les gens dans une certaine paresse du regard ».

Marion Fabien En pièces

Au départ, elle parcourt les cités, s’y immerge, observe, photographie, fait des croquis… « A travers la marche, sous forme de balades, et à la manière d’un archéologue, je récolte un tas d’informations de source et de nature différentes. » explique Marion Fabien. Elle noue surtout des rencontres, des échanges qui sont le point de départ de son travail. Celui-ci est donc profondément contextuel en lien avec de nouveaux espaces et en réflexion par rapport à ceux-ci. A Namur, elle s’est particulièrement intéressée aux bancs publics. Elle propose une série d’interventions visuelles et sculpturales dans l’espace de la ville, Dans un deuxième temps, une exposition à la Galerie Short Cuts présente du 20 novembre au 20 janvier ces actions/interventions sous forme d’archives : documents de travail, notes, dessins, éditions, photographies. Marion Fabien y présente également un aperçu de ses travaux antérieurs en lien avec d’autres contextes. Son œuvre questionne la précarisation, l’exclusion … Elle témoigne d’un art contemporain non sacralisé mais, au contraire, inséré dans les réalités urbaines et en phase avec les enjeux sociétaux actuels.
Marion Fabien a exposé à L’Atelier 340, à l’Iselp, à la B-Gallery…Elle a été lauréate du prix Médiatine, sélectionnée à Art Contest et au Prix de la Jeune sculpture. Elle a été en résidence à Montluçon ainsi qu’à Tourcoing.
 



Exposition du 20 novembre 2015 au 20 janvier 2016
Samedi 13.00 - 18.00 Entrée libre
Lieux - Communs / Galerie Short Cuts
Rue Simon Martin 2 - BE-5020 Champion

lundi 27 avril 2015

L'invitation au voyage



De Baudelaire, qui fréquentait jadis l’église Saint-Loup (Namur), à nos jours, le voyage s'est transformé. L'ailleurs n'incarne plus une promesse de conquête de l'inconnu mais une perspective de découverte de soi. Comme si l'individu, débarrassé de sa routine, de son quotidien et de son environnement habituel, parcourait la planète pour faire face à son être. Plus encore, comme si, d'un bout à l'autre du monde, les découvertes et les savoirs censés s'accumuler, selon un rapport proportionnel, au même rythme que les kilomètres, transformait petit à petit sa nature intime.

 
Pourtant le voyage, selon Baudelaire, dont l'invitation est irréalisée et irréalisable, prend toute sa valeur dans le registre du rêve. C'est une illusion que le poète convoque pour s'échapper de la réalité. Plus qu'un attrait pour le lointain et l'exotique, Baudelaire exprime une invitation à rêver, imaginer et à ouvrir les yeux. Il en va de même pour les artistes rassemblés dans cette exposition, pour qui le voyage, qu'il soit lointain, proche ou imaginaire, prend un sens d'ouverture et de partage, mais aussi de reconstruction du monde.
Au-delà du pays idéal décrit par Baudelaire où tout n’est qu’ « ordre et beauté/ luxe, calme et volupté », l’exposition invite à un voyage personnel, poétique et peut-être initiatique.
 
Pascale Marthine Tayou - Colonne Pascale
 
Kendell Geers - Typhonic beast
Charley Case
Certains artistes ont le voyage inscrit dans leurs parcours individuels. Artiste d'origine camerounaise, Pascale Marthine Tayou s'intéresse à l'hybridation des formes et à leur circulation en dépit des frontières ainsi qu'au paradoxe de la culture globale comme accumulation ou synthèse. Kendell Geers, de nationalité sud-africaine, s'approprie des icônes de l'histoire de l'art occidentale en les détournant. Chez d'autres, comme chez ces derniers, le voyage correspond à une pratique réelle. Charley Case se définit principalement comme un voyageur : il utilise les moyens qui lui sont à disposition pour partager ce qui lui a plu au cours de ses pérégrinations. Dans cette optique, les techniques importent moins que ce qui est raconté. Esteban Moulin poétise les tracés de vols d’un planeur. Karen Vermeren s'intéresse aux transformations des paysages qu'elle visite et par cet intermédiaire, questionne la place de l'homme au sein de son environnement. Pour d'autres enfin, le voyage tient lieu de métaphore, que celle-ci désigne la mort (Baudelaire fit à Saint-Loup une attaque cardiaque qui le laissa aphasique), dans l'installation de Leo Copers ou l'évolution de l'homme, dans les œuvres d'Elodie Wysocki. Le travail de Ronny Delrue évoque, lui, la polysémie du globe et, en la détournant, la notion de voyage.
Dans le cadre de Mons 2015, capitale culturelle européenne, et de l’événement « Facing Time Rops/Fabre », l’église Saint-Loup accueille également trois sculptures de Jan Fabre issues de la série « Chalcosoma »: trois scarabées sacrés qui défient le temps.

Leo Copers - Urne (AEEILMNORT)


Ronny Delrue - Bombchildren



 Karen Vermeren
 
Elodie Wysocki - Darwinette

Esteban Moulin


 
Eglise Saint-Loup
Rue du Collège - Namur
Exposition du 8 au 24 mai 2015
Me-Je : 13 >19 h
Ve à Di : 11 > 19 h