jeudi 9 avril 2015

Intégration urbaine d'Alice Janne

Lieux-Communs axe son attention sur l’art urbain et insère dans la ville des peintures murales, des interventions artistiques, des œuvres  permanentes, reflets de la création contemporaine nationale et internationale.
Depuis 2012, trois œuvres ont été réalisées et sont les bases d’un maillage artistique contemporain de la ville de Namur au quotidien.
L’artiste polonaise Ania Zuber a peint une fresque en face de la Bibliothèque de la Ville de Namur et à l’entrée du Jardin du Maïeur. Dans cette réalisation, le mur a été conçu comme une paroi de verre permettant de redécouvrir, d’un point précis, deux arbres dans leur intégralité.
Une deuxième peinture murale a été réalisée à Salzinnes. Originaire de Serbie, l’artiste Gala Caki s’est basée sur sa vision des paysages urbains, de l’architecture namuroise et de la Citadelle de Namur. 
Une troisième réalisation de Karen Vermeren s’intègre à l’entrée de la salle de spectacle du Forum.  


Alice Janne ( photo de A. De Pierpont)
Pour cette quatrième intégration artistique urbaine, l’asbl Lieux-Communs a fait appel à l’artiste Alice Janne dont ce sera la première réalisation permanente en extérieur.

Alice Janne - Fresque à Namur
 
Née à Namur, diplômée de l’ERG (Bruxelles), cette jeune artiste a notamment obtenu le prix du public d’Arts Libre.
Le choix de l’emplacement s’est rapidement porté sur un espace proche du Beffroi. Ce lieu de grand passage était idéal car situé au croisement de la galerie commerçante d’Harscamp, du porche qui donne sur la rue Emile Cuvelier et de la Place d’Armes
La Galerie du Beffroi, gérée depuis peu par la Ville de Namur et où Lieux-Communs vient de présenter l’exposition « Le fruit défendu – 9 artistes contemporains autour d’Evelyne Axell » est également appelée à se renforcer comme lieu d’attractivité culturelle. Le Beffroi est le seul et unique monument de Namur classé au Patrimoine Unesco.
« Pour le moment, la façade choisie est borgne et toutes les fenêtres sont occultées par des panneaux blancs. Cela donne un caractère un peu sinistre à cette ruelle qui pourrait être plus joyeuse, d’où notre idée de réaliser cette fresque à cet endroit-là. Il y a des bancs juste à côté et en face, cela donnerait un sentiment plus intime, chaleureux et plus culturel à cette impasse, et apporterait une dimension vivante à cet espace. Je vais composer un univers avec l’architecture des fenêtres et des portes, en jouant avec divers motifs colorés basés sur mes archives de papiers et objets récoltés par terre. »  Alice Janne
Depuis 2008, Alice Janne ramasse des petits papiers ou objets dans la rue. Elle les archive et ils constituent sa base de données picturale et sculpturale. Chaque objet reçoit un numéro et un nom. Ils sont mesurés, classifiés par couleur (unis, multicolores, avec typographie) et scannés.
L’artiste explique :«  Ces objets me font signe, cette attirance n’est pas réfléchie, ni maitrisée ça s’est imposé à moi. J’ai autant été surprise par ces objets que par mon intérêt pour eux. Ce sont leur(s) couleur(s), leur(s) forme(s) ou leur(s) typographie(s) qui déterminent le choix de la récolte, ce n’est pas aléatoire mais cela n’est pas régulier non plus. Il faut qu’ils me touchent à un certain moment ».
       En observant le sol, on découvre l’illisibilité du monde, ses contradictions, son chaos, son refoulé... C’est un moyen de voir l’évolution de la société par ses traces, de l’industrie par ce qu’elle rejette.
 
« Si d’un point de vue esthétique, par le plaisir de la couleur, on a tendance à associer ma démarche au pop art, elle en diffère car son origine est la fin du circuit de consommation. Ce sont les restes qui m’intéressent, ce qui est laissé, ce qu’on ne considère pas. Il est certain qu’il y a un côté séduisant dans ces aplats de couleurs vives, mais c’est justement la dualité et l’opposition qu’il y a entre cette dimension de séduction et la crasse apparente de ces déchets qui est à l’origine de ma démarche. C’est peut-être d’ailleurs ça que je peins en plus d’eux: cet étonnement que j’ai de les trouver beaux. S’agit-il d’une sorte de transmutation ? »
     Le processus a une place très importante dans le travail d’Alice Janne . Il y a différentes étapes dans sa recherche: récolte, archivage, agrandissement en peinture, mise en espace. L’installation en est une partie intégrante, le jeu d’associations de couleurs et de formes, créer un univers ludique voire peut-être joyeusement critique (à quoi ressembleraient les rues si les déchets prenaient autant de place ?). Généralement, la composition finale se fait au dernier moment, en fonction de l’espace disponible : « J’observe le lieu et puis je joue avec ces formes de couleur et le vide du mur et/ou du sol pour trouver un équilibre, une structure. C’est l’expression d’une sorte d’archéologie du présent, et par ce biais, l’art s’inscrit dans le quotidien et évoque notre société ».
Pour ce projet, Lieux-Communs a souhaité s’associer à l’asbl Gau qui poursuit également l’objectif de mise en valeur, de développement  et de dynamisation du centre urbain de Namur.

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